Le Trésor des Templiers existe-t-il ?

La légende des Templiers est sans doute celle qui a fomenté le plus de spéculations, notamment de par leur fin tragique sous Philippe Le Bel. Comme le fait remarquer Umberto Eco : « les Templiers y sont toujours pour quelque chose. »

Ces légendes se sont développées et portent généralement sur la survivance secrète de l'ordre et la nature d'un mystérieux trésor, source de leur richesse et de leur puissance, cette fortune étant souvent liée à la légende du Graal.

Mais existe-t-il réellement Trésor des Templiers et si oui, de quelle nature ? Éclaircissements sur une énigme encore vivace.

 

Comment les Templiers ont-ils constitué leur Trésor ?

I. La Première Croisade comme élément fondateur

Pour bien comprendre cette histoire, il faut revenir au moyen-âge, à l'époque des Croisades. En 1095, date à laquelle le pape Urbain II lance un appel à la Croisade. C'est toute la chevalerie occidentale qui se met en marche : c'est ce que l'on aime la Croisade des Barons et quatre ans plus tard, en 1099, la ville de Jérusalem est reprise aux musulmans par les croisés qui fondent le Royaume de Jérusalem et les états latins d'orient par opposition aux états musulmans.

II. Naissance de l'Ordre du Temple

En 1120, à Jérusalem, le chevalier Hugues de Payne, qui vient de champagne, décide, avec quelques amis chevaliers, de créer une milice dédiée à la protection du tombeau du Christ ✝️. Cette milice va tout d'abord prendre le nom de Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon. Pourquoi Temple de Salomon ? Parce qu'ils crèchent dans une aile du Palais Royal, connu comme le premier Temple de Jérusalem et édifié par le Roi Salomon sur le mont Moria.

III. Fondation de l'Ordre du Temple

l'appellation Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon sera vite remplacée par celle de Milice du Temple, qui donnera ensuite le nom de Templiers. En 1129, en collaboration Bernard de Clairvaux, Hugues de Payne rédige la Règle Latine établissant le mode de vie de l'Ordre. Règle qui sera confirmée au Concile de Troyes que présidait le pape Honoré II. L'Ordre du Temple est alors officiellement reconnu. Cependant la Croix pattée, le symbole des Templiers, ne le sera que 20 ans plus tard.

Les Templiers doivent obéir aux règles du théologien Saint Benoît, et notamment les trois règles principales : la pauvreté, la chasteté et l'obéissance.

 

IV. Expansion et influence des Templiers

En réaction aux attaques de l'Empire Ottoman, les Templiers vont vite dépasser le cadre de leur mission et vont passer d'un rôle plutôt défensif un rôle plutôt offensif. Ils vont participer à de nombreuses batailles : le siège d'Ascalon en 1153, la bataille de Montgisard en 1177, la bataille de Hattin viseur la bataille de 1187, que l'on peut retrouver dans le film de Ridley Scott, Kingdom of Heaven.

Les Templiers ne se contentent pas d'agir en Terre Sainte et participent par exemple à la reconquête ibérique, la fameuse Reconquista, notamment celle de l'île de Majorque. En échange de leur aide précieuse, les souverains de Castille et d'Aragon leur offre de vastes territoires sur leurs terres.

 

V. Recherche de soutien et prémices de leur fortune

a. Les Commanderies Templières

Seulement, ces missions sont extrêmement couteuses. Avec le soutien de la haute noblesse, les Templiers mettent en place un système de Commanderies Templières, qui constituent une source de financement pour l'entretien d'une armée templière en Terre Sainte. Pour être rentable, on y exploite au mieux les ressources locales : culture de la vigne en Bourgogne et en Anjou, ou encore le blé en Normandie et en Artois, élevage de moutons pour leur laine, brebis pour leur fromage, et chevaux pour l'exportation en Orient.

Les Commanderies sont donc les véritables bases arrières des Templiers et c'est également dans ces endroits que l'on recrute et forme les nouveaux membres.

A cette première source de revenus s'ajoutent des dons mobiliers - de l'argent - provenant de la noblesse mais également des paysans, qui, par ce geste, se donnent bonne conscience.

 

b. Service du change des monnaies

Mais les Templiers vont constituer leur trésor d'une autre manière. Ils vont inventer les lettres de change. Le mécanisme est assez simple : avant son pèlerinage, lorsqu'un pèlerin confie aux Templiers une certaine somme d'argent, le frère trésorier lui remet une lettre sur laquelle est inscrite la somme déposée. Cette lettre manuscrite et authentifiée prend alors le nom de lettre de change. Le pèlerin peut ainsi voyager sans argent sur lui et se trouve plus en sécurité. Arrivé à destination, le pèlerin peut récupérer, au sein d’une Commanderie Templière, l’intégralité de son argent en monnaie locale, en échange de cette lettre.

Les frais de fonctionnement de l’Ordre ne sont bien sûr pas gratuits, toutefois ce dernier ne peut exercer l’activité d’usurier, et par conséquent toucher des intérêts sur le service qu’ils rendent aux pèlerins. Il ne faut donc pas confondre cette activité économique et financière avec celle plus sophistiquée des banquiers juifs à la même époque. L'usure, c'est-à-dire le paiement d'un intérêt, était interdite par l'Église aux chrétiens et de surcroît aux religieux.

Bien entendu, si le pèlerin n'arrive pas à destination, les Templiers gardent simplement l'argent.

 

c. Garde des trésors royaux

Enfin, ils vont se créer un autre trésor, contenant argent, bijoux et pierreries 💎 appelé la Huche et c'est d'ailleurs de là que vient le terme de huche à pain.

Ce trésor est constitué par les versements annuels de chaque commanderie mais également par l'argent des conquêtes. La huche se situe Jérusalem et seul le Grand Maître de l'Ordre peut en effectuer la comptabilité. Ce trésor permet également d'accorder des prêts notamment certains puissants comme celui accordé au Roi de France ⚜️ Louis VII, lors de la deuxième Croisade. Les Templiers sont jouissent d'une telle influence, qu'ils se voient attribuer la gestion du trésor royal en 1146.

 

VI. Chute de l'Ordre et fin tragique

Dans la deuxième moitié du XIIIème siècle, les choses se compliquent avec la fin des états Latins en 1291 avec la chute de Saint-Jean d'Acre. Les Templiers situés en Orient, se réfugient à Chypre au Château de Colosse. La raison d'être des Templiers n'ont plus de raison d'être et cela concorde avec les aspiration du Roi de France ⚜️ Philippe Le Bel, qui se méfie de cette organisation qui pourrait lui faire de l'ombre. Il est dans une optique centralisatrice et cherche un prétexte pour se débarrasser de l'énorme influence des Templiers. C'est alors qu'un ancien Templier renégat lui avoue que les Templiers ont des pratiques contraires à la religion catholique. Philippe Le Bel décide alors l'arrestation des Templiers sur tout le territoire de France, le 13 octobre 1307. C'est sans doute une des plus grosses opérations de contrôle policier de l'époque. Les Templiers arrêtés sont soumis à la question, c'est-à-dire à la torture. Certains avouent le reniement du Christ et, après de nombreuses tractations entre le Pape Clément V et Philipe Le Bel, ce dernier fait plier le Pape et l'Ordre officiellement est supprimé au Concile de Vienne en 1312. Les Templiers sont condamnés à la réclusion à perpétuité. Le Grand Maître de l'Ordre Jacques de Molay va alors revenir sur ces confessions, arrachées sous la torture. Mentir à un inquisiteur est passible de la peine de mort et Philippe Le Bel ne va pas se faire prier et l'envoie aussitôt au bûcher où Jacques de Molay lancera sa fameuse malédiction sur les rois capétiens. Par décision du Pape, les biens de l'ordre seront quant à eux remis aux Hospitaliers et resteront ainsi aux mains de l'église.

Depuis cette fin tragique, un véritable mystère entoure l'existence d'un possible trésor. D’aucuns arguent que leur trésor était surtout agraire. Ainsi, il ne serait pas question d’or ou d’argent, mais simplement de récoltes agricoles. Spirituel (Graal) ou sonnant et trébuchant, la fortune des Templiers a nourrit une légende qui perdure à à travers les siècles.

 

Hypothèse et Recherche du Trésor des Templiers en France

I. Trésor des Templiers dans l'Aude

A la fin du XIXème siècle, la petite ville de Rennes-le-Château est touchée par l’exode rural. Le clocher de son église menace de s'écrouler et a besoin d’une réfection.

Rennes le Chateau

En 1885, l’abbé Saunière est alors nommé curé de la paroisse. Il se lance aussitôt ans d’importants travaux de rénovation et d’embellissement de son église. Mais il ne s'arrête pas là, il se fait construire une splendide villa doté d'un grand parc et d'un tour médiévale. Mais comment a-t-il financé de tels projets ? Certains imaginent un pacte avec le diable, d'autant que l’église Marie-Madeleine présente de nombreux symboles troublants… à commencer par un diable grimaçant qui soutient le bénitier. La deuxième hypothèse est celle de la découverte du trésor des Templiers. Dans les années 1960, la légende de « l’or de Rennes » resurgit, mais sans succès.

II. Trésor des Templiers en Normandie

Forteresse imprenable, le château de Gisors a été le théâtre de nombreux affrontements entre Français et Anglais. C'est aussi le lieu où Philippe le Bel fait incarcérer Jacques de Molay, Grand Maître de l’Ordre, avant de l'envoyer au bucher en 1314.

Mais lors de la grande arrestation, tous les Templiers, en 1307, la légende raconte qu'une poignée d’entre eux a quitté Paris avec trois chariots remplis d’or en direction de l’Angleterre et qu'ils se sont arrêté à Gisors pour trouver une cache dans ce château. Celui qui construisit le premier édifice en 1096, Robert de Bellême, était lui-même un Chevalier du Temple.

chateau de Gisors

En 1946, un jardinier, passionné par les histoires de trésor, Roger Lhomoy, a entrepris des fouilles sous le château de Gisors. Il dit avoir aperçu 30 coffres de boix cachés sous une ancienne chapelle. Malheureusement pour lui le tunnel qu'il avait creusé s'éboule et il ne peut prouver l'existence de ces coffres. Mais en 1962, un journaliste, Gérard de Sède s'intéresse à cette histoire et en écrit un livre les Templiers sont parmi nous qui fera grand bruit, au point que le ministre de la culture André Malraux ordonne de nouvelles fouilles. Celles-ci seront très vite arrêtées car elles mettent en péril la structure même du château. Le mystère reste entier. 

III. Le Saint-Graal, véritable Trésor des Templiers ?

Les amateurs de spiritualité pensent qu’il pourrait se confondre avec le Saint-Graal.

C’est le poète Chrétien de Troyes, instigateur de l’épopée arthurienne, qui le premier, évoque l’objet mythique, vers 1180, dans son roman Perceval. Il s’agit alors d’un calice sacré ayant contenu le sang du Christ recueilli au pied de la croix. On imagine alors que les Templiers se soient emparés du vase divin et se soient investit de la mission de le protéger, envers et contre tout.

 

 


Il y a fort à parier que le Trésor des Templiers alimentera encore longtemps les fantasmes. Bien aidé, il faut le dire, par le grand écran avec le film Benjamin Gates et le Trésor des Templiers (2004) ou encore Prince Killian et le Trésor des Templiers (2011), ainsi que de nombreux documentaires tel que L'énigme sacrée des Templiers.

Côté gaming, la Saga Assassin's Creed ne les tournent pas vraiment à leur avantage où les Templiers sont les principaux antagonistes à la Confrérie des Assassins

Enfin, si vous voulez vous rapprocher un peu plus du Trésor des Templiers, les Chambres de charme de Malataverne (www.letresordestempliers.com) en Drôme, sur les bords de la Durance, constituent l'endroit idéal.

Trésor des Templiers, les Chambres de charme de Malataverne

 Merci, l'ami, d'avoir lu jusqu'au bout, n'hésite pas à nous faire part de ton ressenti dans la section 'commentaires'. A bientôt. 

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