Petite Histoire de la Garde Impériale de Napoléon 1er

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La Garde Impériale de Napoléon 1er est l'unité la plus emblématique de la Grande Armée. Créée en 1804 et redoutée dans toute l'Europe, elle s'illustre dans les grandes batailles de l'Empire et se couvre de gloire à de multiples reprises. Elle est entièrement dévoué à la personne de Napoléon.

La Garde Impériale constitue la force sur laquelle Napoléon pouvait s'appuyer en toutes circonstances. Composée des plus valeureux soldats de l'armée, son effectif ne cessera d'augmenter au fil des ans.

Au début de l'Empire, la Garde Impériale compte près de 10 000 hommes, alors qu'à son apogée, ne 1814, on dénombre 112 000 combattants, tous corps confondus.

Retour sur une unité au panache et au dévouement légendaire.

 

 

Création de la Garde Impériale 

Avant que la Garde devienne Impériale, c'est à l'origine la garde du directoire (1795 - 1799) qui compte environ 200 soldats. Au départ, elle vise à assurer la sécurité des directeurs. En 1799, après s'être rallié au coup d'état du 18 brumaire sous l'impulsion de Lucien Bonaparte, elle devient la garde des consuls - car le consulat remplace le directoire - elle compte alors déjà 4 000 hommes puis 7 000 en 1802 lorsqu'elle devient, en plus d'une garde rapprochée, une unité combattante et qu'elle participe à la bataille de Marengo.

Après la proclamation de l'Empire, elle devient officiellement Garde Impériale par le décret du 29 juillet 1804. Elle compte alors à ce moment-là un régiment de grenadiers et un régiment de chasseurs soit près de 10 000 hommes.

Caractéristiques de la Garde Impériale

A l'origine, la Garde est une garde rapprochée qui vise à assurer la sécurité du gouvernement du consul puis de l'Empereur. Mais rapidement, elle va muer en unité combattante, et pas n'importe quelle unité : une unité d'élite, avec une sélection rigoureuse.

 

Conditions de Recrutement de la Garde de Napoléon

Premièrement, il faut mesurer au moins 1,76 m. pour entrer dans les grenadiers et 1,73 m. pour rentrer dans les chasseurs. A noter que Napoléon lui-même n'aurait pas pu faire partie de sa garde : il mesurait 1,69 m.

Deuxièmement, il faut justifier de dix ans de service minimum - 8 ans pour certains régiments et deux ans de plus pour être officier dans la Garde

Troisièmement, un comportement irréprochable, une bonne moralité et savoir lire et écrire constituent des conditions indispensables. Les recrues sont sélectionnées non pas selon leur naissance, comme dans l'aristocratie, mais selon leurs aptitudes guerrières et leur bravoure au combat.

Voilà les 3 points principaux pour prétendre à appartenir à la Garde Impériale.

Entrer dans la Garde est une chose, mais encore faut-il y rester, car à l'intérieur, la discipline est très stricte, sans être injuste ou inhumaine. Par exemple, les châtiments corporels y sont proscrits. En revanche, en être expulsé est définitif. On retourne alors vers la ligne, c'est à dire vers l'armée régulière.

 

Prestige, discipline et singularité

Discipline stricte, donc, mais aussi tout une ribambelle de codes : par exemple, dans la Garde, on se vouvoie et on s'appelle Monsieur. Le port de la moustache et des favoris y sont obligatoires et la Vieille Garde porte les cheveux longs avec deux tresses nouées sur la nuque. Egalement, chaque soldat de la Vieille Garde porte, à chaque oreille, un anneau d'or de la taille d'un écu. On imagine la fière allure de cette Garde Impériale !

Vieille Garde, Moyenne Garde, puis Jeune Garde 

En 1806, la Garde Impériale est divisée en deux : la Vieille Garde et la Moyenne Garde, qui sera la plus utilisée au combat. Ensuite, en 1808, c'est la Jeune Garde qui est créée, regroupant des tirailleurs et des voltigeurs, donc des troupes légères destinées à intégrer un jour la Moyenne, puis la Vieille Garde.

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Petite anecdote : quand un soldat de la Vieille Garde part à la retraite, il devient, par la même occasion, un vieux de la Vieille. Sous entendu, un vieux de la Vieille Garde. Expression encore utilisée aujourd'hui.

Quand Napoléon part en campagne, ce qui arrive assez souvent, il est toujours entouré de sa Garde, il vit au milieu d'elle notamment lorsqu'il installe son bivouac pour la nuit.

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Un troupe d'élite quasi-inébranlable

La Garde Impériale a des uniformes distincts du reste de l'armée : plus élégant et puis de meilleure facture. Elle a un meilleur équipement bien évidemment de meilleures armes et de meilleures conditions de vie : soldes plus élevées, priorité sur le ravitaillement, cantonnement à Paris, corps de musiciens attitré, une administration dédiée...

Pour finir sur le côté description, dans la Garde Impériale, on compte des unités à pied : grenadiers, chasseurs à pied, fusiliers, tirailleurs, voltigeurs, dragon à pied, et de la cavalerie : chasseurs à cheval, dragons, grenadiers à cheval, chevaux-légers, lanciers polonais, mamelouks et puis de l'artillerie, bien sûr.

On y trouve évidemment les meilleurs soldats de l'armée, soudés par une identité propre, une réputation de feu et puis par des distinctions qui est données par l'Empereur en personne et qui permet de donner une cohésion au groupe.

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Un corps d'honneur choyé par Napoléon

L'Empereur veille à ce que rien ne soit jamais écrit sur la Garde Impériale dans les bulletins campagne et autres rapports. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'il veut que l'ennemi en sache le moins possible sur la Garde Impériale, sur sa composition, sur sa manière de fonctionner, d'opérer et sur sa nature.

La seule chose qu'on peut lire dans les rapports de bataille, dans les bulletins, c'est soit la Garde Impériale a 'donné' soit la Garde Impériale n'a pas 'donné'. C'est à dire, elle a été utilisée ou pas.

Autre témoignage d'affection de l'Empereur à l'attention de sa Garde : le fameux tirage d'oreille, Napoléon tire l'oreille à ses grenadiers pour les solliciter. Mais l'honneur suprême intervient lorsque l'Empereur décroche sa propre légion d'honneur de sa veste pour la remettre un soldat.

Après ces rappels nécessaires, passons à la partie la plus palpitante : les récits et anecdotes de la Garde Impériale.

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Hauts-faits et prouesses de la Garde Impériale 

La Garde Impériale à la bataille ⚔️ d'Austerlitz

En 1805, lors de la bataille d'Austerlitz, dite "bataille des trois Empereurs" (François Ier d'Autriche, Alexandre Ier de Russie et Napoléon 1er) s'affronter sur le même champ de bataille, c'est la cavalerie de la Garde Impériale qui 'donne', puisque après avoir perdu le plateau du Pratzen, le Tsar Alexandre envoie sa garde - la Garde Impériale russe - pour tenter de reprendre le plateau et pour contenir les attaques de Lannes et de Murat, au nord. En réponse, Napoléon fait intervenir la cavalerie de sa propre Garde qui ne fait qu'une bouchée de celle du Tsar et finit quasiment anéantie.

La Garde Impériale à la bataille ⚔️ d'Eylau

En 1807, lors de la bataille d'Eylau, toujours face aux russes, la bataille est très difficile, incertaine et dans un climat extrêmement froid. Au cours de la bataille, voyant que ses hommes commencent à courber la tête le feu de l'artillerie russe qui les pilonnent depuis des heures le Colonel-Major Lepic, qui est à la tête du régiment des grenadiers à cheval de la Garde Impériale, s'écrie : "Haut les têtes, la mitraille, c'est pas d'la merde" et lance la charge. 

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Peu après, pour contrer l'offensive russe sur le cimetière d'Eylau, où Napoléon s'est installé, c'est la Garde à pied qui 'donne', et charge l'ennemi en faisant feu. Mais le Comte Dorsenne, n'est pas de cet avis et lance : "L'arme au bras, grenadiers, la Vieille Garde ne se bat qu'à la baïonnette".

La Garde Impériale durant les Campagnes d'Espagne, d'Allemagne et de Russie

Pendant la sanglante guerre d'Espagne, c'est la Jeune Garde qui se distingue dans les combats, puis, lors de la campagne d'Allemagne, à la bataille d'Essling où Lannnes meurt, l'Empereur est touché à la jambe sur son cheval, mais il refuse de se retirer pour se mettre en sécurité. Le Général Walter, qui commande la Garde lui lance alors : "Sire, retirez-vous, ou je vous fais enlever par mes grenadiers". Et Napoléon accepte de se retirer.

Pendant la campagne de Russie, durant la terrible bataille de la Moskova, la Garde Impériale n'est pas 'donnée', ce qui énerve Murat et Napoléon lui répond qu'on ne 'donne' pas la Garde à 3 000 kilomètres de Paris.

Puis, pendant la terrible retraite de Russie, la garde est la seule unité qui maintient, dans le chaos total, un semblant de cohésion, et les cosaques russes osent à peine l'approcher.

 

La Garde Impériale durant la Campagne de France

Durant la campagne de France, une des plus brillantes de Napoléon, en 1814, une campagne qui est perdue d'avance, alors que la France est envahie de toutes parts, les coalisés sont largement supérieurs en nombre et, malgré tout cela, dès que l'Empereur est présent sur le champ de bataille, l'ennemi tremble et bat en retraite plus facilement.

C'est bien la Garde Impériale qui annonce la présence de l'Empereur sur le champ de bataille. Et notamment, les bonnets à poils de ses grenadiers.

Pendant cette campagne, Blucher, le prussien revanchard, qui n'a que de la haine pour la France et pour l'Empereur, s'est juré de défier l'ogre et de prendre Paris en quelques jours. Sauf que, quand il commence à apercevoir au loin les bonnets à poils des grenadiers de la Garde Impériale, il bat en retraite sans demander son reste.

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C'est dire à quel point la Garde Impériale de Napoléon est crainte et respectée, même dans les conditions les plus défavorables. L'Empereur passe encore à ce moment là pour une sorte de demi-dieu, absolument invincible et sa Garde aussi.

Après la défaite de la campagne de France, c'est à la Vieille Garde que l'Empereur fait ses adieux à Fontainebleau, face à ses vieux Grognards, qui sont en larmes et 600 d'entre eux, le suivront en exil sur l'île d'Elbe.

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La Garde Impériale lors de la Restauration de 1814

Pendant la Restauration monarchique de 1814, la Vieille garde est rebaptisé grenadiers de France et autant vous dire que pendant les revues, au moment de crier "Vive le Roi !", on n'entend pas grand chose, et certains ont même trouvé un subterfuge : lorsqu'ils crient "Vive le Roi !", ils ajoutent, un ton plus bas, "de Rome !", en référence à l'Aiglon, le fils de Napoléon 1er, Napoléon II, Roi de Rome.

La Garde Impériale durant les 100 jours

Lorsque Napoléon revient de l'île d'Elbe durant les 100 jours, la Garde fait son baroud d'honneur. A Waterloo, la Garde est engagée très tard - trop tard -, pour tenter de forcer le centre des Anglais. Wellington agite alors son chapeau et demande à toutes ses forces de se concentrer sur le centre et sur la Garde, qui se retrouve rapidement débordée et doit reculer. C'est un signal fort et tellement rare que la rumeur se répand comme une traînée de poudre dans les rangs et, partout, quand on commence à entendre : "la Garde recule, la Garde recule !". Cela paraît tellement inconcevable que tout le monde comprend que tout est perdu. La Garde forme alors les derniers carrés destinés à protéger la retraite l'Empereur lui-même, qui se place à l'intérieur d'un de ces carrés qui fait retraite pas à pas en chevauchant les cadavres et en subissant les attaques anglaises et prussiennes. Pour autant, beaucoup qui n'osent pas l'approcher et les Britanniques crient aux Français de se rendre. C'est alors que le Général Cambronne, qui commande la Garde, s'écrie : "Merde, chargez !" Et un sous-officier d'ajouter :"la Garde meurt, mais ne se rend pas !"

 

La Garde Impériale après la mort de l'Empereur

Une dernière anecdote qui intervient 19 ans après la mort de Napoléon, en 1840, au moment du retour des cendres de l'Empereur de Sainte-Hélène jusqu'aux Invalides, beaucoup de vétérans de la Garde - considérés comme les soldats les plus valeureux de l'histoire militaire française - se sont rassemblées à Paris et le Maréchal Moncey, qui a 87 ans, s'adresse à ses grognards, à ses anciens camarades de combat, et leur dit : "à présent, rentrons mourir".

Merci, l'ami, d'avoir lu jusqu'au bout, n'hésite pas à nous faire part de ton ressenti dans la section 'commentaires'. A bientôt.

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